Témoignages
Alors pourquoi voudrait-on construire un bateau?
L’étape la plus difficile d’un projet est de prendre la décision de le faire. Quand il s’agit de construire des bateaux, de nombreux mois de recherche sont nécessaires. Quel type, quel budget, peut-on se le permettre, où le faire, de quoi a-t-on besoin et peut-on réellement le faire, et, oh, veut-on réellement le faire.
On avait presque signé deux fois pour un bateau fini mais ça ne tombait pas bien à ce moment, à la grande déception de la compagnie qu’on avait choisi au départ. On revenait à l’idée d’un Fusion 40 version motorisée dont on s’occuperait de l’aménagement et de la finition. On habite sur l’eau avec un ponton à l’arrière, donc l’idée d’y avoir un compartiment fermé pour s’asseoir était attirante, ainsi que de pouvoir descendre et travailler quand l’occasion se présenterait.
Considération suivante : le budget – en évacuant le coût d’un bateau fini de la compagnie qu’on avait choisie, on l’a modifié au plus près de nos besoins, un plus gros bateau et quelques suppléments ont augmenté le total pour aller vers ce qui nous semblait adéquate.
Avec la commande de la coque en kit du Fusion, le budget fait, les achats commencés, nous – mon mari Andrew (chef d’entreprise) et moi-même (chef de la maison) – avons entrepris la construction d’un catamaran à voile de 40 pieds qui peut loger une famille de cinq pour un voyage le long de la côte est de l’Australie pendant 12 mois environ. Durée programmée pour le construire : multipliez par deux ce que vous pensez au départ...
Nous avons travaillé chaque heure de libre en dehors des heures de bureau de la semaine pendant les six premiers mois, puis à temps plein les douze mois suivants, ce qui nous a pris 18 mois en tout pour achever entièrement un bateau prêt à mettre les voiles de Brisbane début mai en direction de la Barrière de Corail, en profitant au maximum des alizés.
C’était le cinquième bateau que nous avons construit au fil des années donc nous savions que les éléments les plus importants étaient de s’engager dans la tâche avec consistance dans l’effort et la finition. On devient vraiment fatigué et l’idée de jeter tout simplement l’éponge traverse souvent l’esprit. On a vraiment un besoin vital de soutiens et d’encouragements lors des moments difficiles. L’envie de prendre des raccourcis et de laisser des choses de côté doit être balayée par une personne autre que le constructeur pour que le produit fini ait l’air aussi bien qu’on le souhaitait à l’origine.
Le jour arrive, on récupère la coque équipée de deux moteurs diesel Yanmar de 30 CV, regardant nerveusement l’énorme semi-remorque qui descend une pente très raide jusqu’à la cale pour livrer votre négrier, votre maître, votre boulet dans l’eau. Avec des va-t-il flotter ? Ne tombe pas du camion, qui raisonnent dans votre tête, on est prêt pour le lancement. Quel jour excitant!
Réservoirs pleins, approvisionnement fait et un millier de miles nautiques pour rentrer à la maison, Andrew, le fils numéro un et le meilleur copain sont prêts pour le voyage. Sept jours de trajet et il tourne au coin du canal, en ayant l’air beaucoup plus grand que dans l’usine, bien sûr, on l’a équipé de la proue à la poupe, alors la réalité de la tâche s’installe. Pour quoi nous sommes-nous mis là dedans?
Heureusement, en attendant que le kit soit assemblé au nord, Andrew était occupé dans le garage avec un plan d’étage, où nous installions la cuisine et le salon fait de panneaux Multipanel, vernis, peints et prêts à être insérés, pensez que c’était huit mois avant que nous ne mettions tout à l’intérieur mais au moins nous avions quelque chose qui avait l’air fini, c’était bon pour le moral.
Premier travail, le carénage – eh bien, quel boulot amusant, sale, qui donne des démangeaisons et d’un point de vue de femme, non, on ne s’y habitue pas ! Les gars considèrent que la fibre de verre n’est pas un problème après quelque temps mais je ne m’habituerai jamais aux irritations quand on se couche le soir.
Des semaines et j’insiste bien, des semaines de préparation du carénage de l’intérieur des deux coques, des murs, du plafond, des recoins et des fissures, et au bout du compte ça n’avait pas l’air bien différent du début, mais on sait que ça l’est, simplement on ne le voit pas.
Passer derrière le décor de chaque construction de bateau est ce en quoi consiste la fonction d’acheteur. C’est ici que je jouais mon rôle principal, à part celui de domestique préposé à la fibre de verre, j’étais l’officier en charge des achats, quel travail : essayer non seulement de rechercher un fournisseur pour chaque perle rare, mais aussi de trouver les meilleurs prix, la quantité correcte qui fait qu’on en a pour son argent et essayer de faire comprendre exactement à la personne ce que vous voulez faire, et oui des choses comme « pouvez-vous m’indiquer où je peux trouver ça » ou « qui peut en vendre ».
Acheter en gros est définitivement la manière de procéder mais ça peut être souvent difficile parce qu’on ne sait pas exactement la quantité dont on aura besoin jusqu’à ce que le seau soit vide et que le rouleau soit fini. Soyez prêt à investir de nombreuses heures à faire les magasins si de grosses économies vous semblent indispensables.
Je suis enfin arrivé au bout du projet et écoutez-moi bien, j’étais complètement malade de faire les courses !!!!! Je ne pouvais plus supporter d’entendre les mots « Chérie, pourrais-tu aller m’acheter un peu plus de…………………………”
Semaine après semaine, mois après mois, avec seulement le dimanche de repos, toute la journée, à vernir, poncer, construire ou peindre, on voyait que ça commençait à progresser. Avec les voisins qui pointaient leurs nez régulièrement pour vérifier l’avancement des travaux ou en quête d’une astuce de bricolage, même l’inhabituel « pourrais-tu me donner un coup de main à faire telle ou telle chose sur mon bateau », il prenait forme. 4 cabines, cuisine, cabinet de toilettes, salon, réfrigérateurs, congélateurs, il me semblait que je pourrais effectivement vivre ici.
Plus de résine. Comment pourrions-nous en avoir besoin de plus, on doit la verser dans un trou, je ne vois pas où elle coule. On sait qu’il est profond dans la structure et que rien ne bougera.
Une chose importante à prendre en considération est la disponibilité des professionnels. Heureusement que nous pouvions faire la plupart des travaux par nous-mêmes mais nous avons dû laisser le tissu d’ameublement, le gaz et l’acier inoxydable à des experts. Il y a quelques perles rares que j’ai mentionnées plus tôt. Nous avons souvent trouvé que ces personnes étaient trop occupées avec une longue liste d’attente, qu’elles n’avaient pas l’habitude des détails nécessaires pour les bateaux ou qu’elles faisaient des promesses pour la fin de la semaine qui étaient tenues huit mois plus tard pour finir le boulot. Je suis sûre que notre situation n’est pas unique alors passez commande au plus tôt et soyez patient, très patient.
Pourtant tout vient à point pour qui sait attendre et tout est livré et prêt pour l’installation à la fin. Quand on a trouvé des professionnels disponibles, ils étaient exceptionnels et nous sommes très heureux du travail de ceux qui nous ont aidés sur le projet.
Le gréement et les voiles, plus de décisions à prendre. Est-ce qu’on fait avec ce qu’on connaît ou est-ce qu’on prend le dernier cri, bien qu’il soit souvent non essayé et non testé. Parler autant que possible aux autres aide, mais au bout du compte c’est votre argent et vous devez être sûr que ce que vous allez choisir vous satisfera et fonctionnera. Cela n’a pas de sens de se retrouver au milieu de l’océan quand on doit faire valoir la garantie, ça ne vous ramènera pas sur terre.
Nous avons décidé de payer plus pour de la qualité en espérant que cela en vaudra la peine pendant les orages et les couchers de soleil, nous en ferons sans aucun doute l’expérience.
Nous avons de nombreux bons moments pendant le processus de construction avec l’implication de toute la famille. Nous avons appris beaucoup et sommes désormais riches de connaissances pour savoir où dénicher des pièces de bateau et où lancer un Fusion fini. Le budget s’est en fait avéré en-dessous de ce que nous avions estimé, avec certaines chose coûtant plus chères, et d’autres moins en allant faire différents magasins. Nous sommes extrêmement contents de notre bateau, il est très facile d’y vivre et avec un bon travail d’équipe, nous avons réussi!!!!!
Pourquoi construire un bateau ? Parce qu’on peut…
Est-ce qu’on en ferait un autre ? Oui……………………après notre croisière vers le nord nous allons construire un autre Fusion, de la même manière.
Équipage Pounder